CALUIRARD - CALUIRIEN
Depuis quand s’appelle t’on caluirard et pourquoi pas caluirien, voire calvirien… ?
Cette question agitant le microcosme caluirard, il y a lieu d'y apporter une réponse.
Pour notre étude, évitons d’analyser l’histoire avec nos yeux d’aujourd’hui comme ces historiens de pacotille, qui remettent tout en cause simplement parce que cela les dérange, mais plutôt essayons de nous replonger dans l’atmosphère du XVIIIème siècle finissant.
Il nous faut nous transporter exactement le 14 décembre 1789, l’Assemblée Constituante décide la création des municipalités. Jadis seules les grandes agglomérations avait la possibilité de se dire ville, l’immense majorité de nos ancêtres était habitant de paroisses ou des seigneuries.
Donc avant le XIXème siècle nous étions … du Vernay, de Margnolles ou de Cuire, …
Mais pour notre commune, cela se compliqua rapidement.
En 1790, lorsqu’il fallut acter la création des nouvelles municipalités, nos voisins de Cuire refusèrent de s’unir à la Croix Rousse comme le prévoyait la division territoriale de l’époque, et émirent le souhait de se réunir à Caluire dont les habitudes, les occupations et les mœurs étaient plus proches d’eux. Juridiquement il faudra attendre 1797 pour que le Conseil de Cinq Cents sous le Directoire décide la création de la commune « Caluire et Cuire Réunis », et concrètement ce n’est que le 26 floréal de l’An VIII (16 mai 1800) que la vie municipale put s’exercer pleinement.
C’est donc seulement au début du XIXème siècle que l’on décida de donner un nom aux habitants de cette nouvelle commune. Une recherche dans les comptes rendus des premiers conseils municipaux seraient sans doute riche d’enseignements.
Au vu de l’histoire récente, ce nom ne devait surement pas ressembler à celui des voisins « Croix Roussien », il fallait marquer sa différence.
Anne Marie Vurpas nous explique qu’à cette époque la langue française était connue de nos ancêtres mais que la majorité de leurs échanges se faisait en patois Franco-Provençal, ou les terminaisons en « ard « ou « ord » étaient fréquentes.
Ainsi trouve-t-on dans nos anciennes chansons du terroir écrites en patois au début du XIXème siècle, les termes « caluiros » et « caluirords », le « o » se transformant en « a » dans le courant du siècle pour donner « caluirards ».
Les terminaisons identiques se retrouvent à Rillieux, Sathonay ou Collonges.
Néanmoins ce suffixe « ard » jugé par certains péjoratif fut l’objet de débats au milieu du XXème siècle, et la modification en caluirien fut envisagé. Dans l’Histoire de Caluire et Cuire de Martin et Jo Basse, il est rappelé cette tentative de changement de nom, voire de retenir le gentilé de calvirien « plus conforme à l’étymologie puisque notre commune aurait pour origine le nom de Calvirius chef de cohorte romaine ». Nous savons aujourd’hui que l’origine du nom de notre commune serait tout autre.
Il nous faut noter ici que quelques communes voulurent modifier leur gentilé, sans succès. Ainsi concernant les communes de Bellecombe ou ND de Bellecombe, les hommes n’ont pas de problème : les bellecombais, par contre les femmes ….
Revenons à Caluire et Cuire et retenons simplement l’acception d’appartenance du suffixe « ard », comme dans montagnard ou savoyard, ou une notion optimiste que l’on trouve dans veinard ou dans gaillard.
Bonne réflexion.



