St Jean
Compte rendu de la visite du 10 octobre Cathédrale Saint Jean à Lyon
Visite du Mercredi 10 octobre 2018
En cette belle matinée d’automne, deux douzaines de Caluirardes et Caluirards – membres actifs de Caluire Histoire et Patrimoine – se sont retrouvés sur le parvis de la cathédrale Saint-Jean, dont la façade ouest a retrouvé sa blanche splendeur, suite à une efficace rénovation.
Cécile Reynier, responsable du Trésor de la cathédrale, nous attendait pour nous faire visiter le riche musée, dans lequel sont conservés de précieux objets réunis par les cardinaux FESCH et de Bonald au XIXème siècle. Les collections épiscopales avaient, ne l’oublions pas, souffert de l’incursion du baron des Adrets en 1562, des besoins financiers de Louis XIII et de Louis XIV, ainsi que de la rapacité des révolutionnaires qui transformèrent la cathédrale en temple de la raison.
L’ancienne manécanterie héberge ce musée d’art religieux géré par les Monuments historiques, sous la responsabilité de l’architecte en chef des bâtiments de France pour le Rhône et la métropole lyonnaise. Le trésor fut inauguré officiellement en ce lieu en 1939 par le cardinal Gerlier.
Certains objets liturgiques appartenant au musée sont régulièrement mis à la disposition de la cathédrale à l’occasion de cérémonies religieuses qui se trouvent enrichies par leur présence. En outre, des pièces du Trésor à haute valeur symbolique sont prêtées pour des expositions, en France et à l’étranger, dans le cadre d’échanges culturels.
Notre visite débuta par un commentaire détaillé des tapisseries du XVIIème siècle léguées par Joseph Fesch, issues de l’atelier du lissier bruxellois Erasme de Pannemaker, illustrant la vie de Jacob. Signalons que Fesch a également légué Galerie Photos Publier les photos de votre associationune dizaine de grands tableaux de sa collection à la cathédrale Saint-Jean.
Notre attention fut alors attirée sur des objets à caractère historique non religieux, placés sous les tentures flamandes. Il s’agit de chapiteaux byzantins en marbre blanc du Vème siècle, et de quatre des chaises 1er Empire que le cardinal Fesch mit à la disposition des invités, lors d’une réception organisée en l’honneur de son impérial neveu Napoléon à Lyon.
Le reste de la visite fut consacré aux vitrines protégeant les multiples objets du patrimoine liturgique, se rapportant essentiellement aux sept sacrements du rituel catholique. Les ornements sacerdotaux brodés de fil d’or du cardinal de Bonald suscitèrent notre admiration, et de nombreuses questions furent posées à l’intervenante qui nous expliqua la confection (six mois de méticuleux travail) d’une lourde chasuble brodée pesant 17 kg. Cécile nous a ensuite parlé en détails du coffret byzantin en ivoire du Xème siècle, et nous a conté les péripéties relatives au cœur de Saint Vincent de Paul, décédé en 1660.
L’organe fut promptement prélevé sur le corps du défunt, embaumé et placé dans un reliquaire d’argent. Suite à l’énergique intervention de Joseph Fesch, la précieuse relique fut transférée de Turin à Lyon en 1805, où elle resta jusqu’en 1947. Suite à d’âpres négociations entre Sœur Blanchot et le cardinal Gerlier, le cœur de Saint Vincent de Paul rejoignit son corps à Paris.
Parmi d’autres « trésors » de la cathédrale, nous admirâmes un ostensoir en argent doré repoussé, et d’autres œuvres de l’orfèvre lyonnais André Favier.
Nous visitâmes ensuite la chapelle des Bourbons, chef-d’œuvre d’art gothique, conçue pour être le tombeau du cardinal Charles de Bourbon, (né en 1434 et décédé à Lyon en 1488) dont le frère Pierre fut le gendre de Louis XI. Elu archevêque à l’âge de 12 ans, Charles mena davantage une vie de courtisan que d’homme d’église. Son cercueil, toujours intact dans les profondeurs de la crypte de la chapelle des Bourbons, échappa au baron des Adrets en 1562, et plus tard aux révolutionnaires.
Ayant beaucoup entendu parler du cardinal de Bonald, nous ne pouvions manquer de nous incliner sur sa tombe, située dans la crypte de la chapelle de Saint-Pierre et Saint-Paul. Nous ne pûmes cependant éviter de verser auparavant une larme d’émotion en passant devant notre belle horloge astronomique, dont le mécanisme a été saccagé par un fanatique.
Surplombant la pierre tombale du cardinal de Bonald, le vitrail de Saint-Pierre et Saint-Paul, daté des années 1190, est le plus ancien de la cathédrale. Les parties supérieures droite et gauche originales de cette composition, représentant des anges thuriféraires, disparurent à une date ancienne, probablement à la révolution, et se trouvent actuellement au Victoria and Albert Museum de Londres. Chaque panneau mesure 67 x 33cm. Nous admirâmes ensuite les rosaces du transept et les lancettes de l’abside, toutes datées du XIIIème siècle.
Notre brève incursion dans la cathédrale en travaux se termina devant la chapelle des fonds baptismaux, dont la crypte contient les cercueils de la plupart des cardinaux récents. Un hôte de marque est venu compléter cette « éminente » compagnie : Alphonse Louis du Plessis de Richelieu, frère d’Armand, le célébrissime ministre de Louis XIII.
Né en 1582 et fidèle à ses vœux, Alphonse fut nommé archevêque de Lyon en 1628, puis cardinal en 1629. Décédé en 1653 à Lyon, il fut inhumé dans l’église lyonnaise de la Charité. Son cercueil fut transféré par la suite dans la crypte des cardinaux de la cathédrale Saint-Jean.
L’heure était alors venue de profiter de l’hospitalité d’Elisabeth Berlingerie, qui avait eu la gentillesse de mettre une nouvelle fois son historique salle de garde à la disposition de notre association. Nous avons pu déguster dans ses murs un buffet froid très apprécié des participants, suivi d’un excellent café bien chaud, préparé par la maîtresse de maison.
Le temps s’étant écoulé trop vite, le programme de notre promenade du jour dans le Vieux-Lyon ne put être mené à son terme, mais ce qui est différé n’est pas perdu !
Il nous reste, en effet, suffisamment de choses à voir et de personnages illustres à évoquer, eu égard à leur contribution à l’histoire de Lyon, pour justifier une nouvelle visite à l’automne prochain. Ceci devrait être d’autant plus intéressant que les travaux à l’intérieur de la cathédrale, qui doivent durer deux ans, devraient être très avancés.
Noël Durand






