HISTOIRES d'HISTOIRE n°5

Suite de notre série d'articles tirés d'archives de 1900 à 1940

 

 

PROMENADES AUX ENVIRONS DE LYON EN 1900

 

Prenons des deux funiculaires, le plus « ficelle », et …. une place dans un wagon luxueux de la ligne Lyon-Trévoux ; les plus confortables du réseau PLM. Ils sont suspendus comme des Pullman-car et rembourrés avec des rognures de zinc, comme disent les troupiers de Sathonay !

 

CALUIRE.

Groupé du nord au sud par la route de la Croix Rousse à Fontaines où passe le tramway, Caluire tire son nom de Calvirius, capitaine romain d’une des cohortes nommée « Coloniques ». (Version contesté aujourd’hui, le nom de Caluire venant peut-être de couloir (collare, coluere) formé par la double dépression montée des Soldats/ montée Castellane, ou plus simplement plaine de cailloux).

L’air pur qui recommandait un séjour aux malades d’antan est parfois vicié par certain liquide que les maraichers transportent dans leurs champs ; mais d’année en année, les villas empiètent sur les cultures, si bien que le nerf olfactif des citadins ne sera plus longtemps soumis aux senteurs odoriférantes dont autrefois Vénissieux avait le monopole.

C’est dans cette cité que le révolutionnaire Chalier, disciple de Robespierre et bourreau des lyonnais, venait se cacher dans les moments où il craignait pour sa vie.

 

CUIRE .

Comme Caluire la section de Cuire offre aux amateurs de beaux points de vue, un coup d’œil admirable sur la Saône et ses rives. C’était autrefois une commune séparée qui englobait une partie de la Croix Rousse et de Saint Clair. Triste retour des choses d’ici-bas, Cuire à son tour est absorbée par sa voisine.

Des maisons de retraites, des pensionnats ce coin lyonnais, mais là encore le « citadinisme » envahissant a posé son emprise et les bois fauchés comme épis aux moissons ont fait la place à des villas chétives ou opulentes. De loin en loin se dressent une construction plus importante : c’est la maison de campagne d’un bourgeois lyonnais du second empire. Les cottages d’aujourd’hui nous semblent être réduits à leur minimum d’expression, et ils n’en sont pas plus beaux pour cela, au contraire.

En 1711 un violent incendie détruisit de fond en comble l’église qui se trouvait au milieu du village ; une dame Marie de Sève offrit son château aux fidèles pour y accomplir leurs dévotions. (Il s’agit de l’incendie de la chapelle du château de Cuire appartenant à Madame de Rochebonne dite comtesse de Cuire et de la Croix Rousse).

Dans un vallon au bord de la Saône existait le château de la Rochette qui appartenait au comte de Mont-Sui, nom qui est porté par un fort doté d’une minuscule garnison. (Affirmation largement contestée, l’origine de Montessuy étant tout autre).

Les « fortifs » de la Croix Rousse ne rappelle en rien les mauvaises réputations de celles de Paris ; si des couples y effeuillent la marguerite où recherche le trèfle à quatre lobes qui les rendra riches, ce ne sont point des apaches, mais au contraire de braves canuts. Ils viennent se coucher sur l’herbe tendre des glacis ou faire un pique-nique entre amis, l’un fournissant la « retaille », l’autre le « picolo ».

 

Nous poursuivrons cette promenade dans quelques jours ...........

 



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