Sortie printanière
Histoire et patrimoine de caluire et cuire
Sortie printanière du 25 mai 2013
Nous nous sommes retrouvés à 33 participants qui n’ont pas craint d’affronter les risques d’intempérie pour rejoindre Saint Pierre la Palud puis Brussieu dans les Monts du Lyonnais près de L’ARBRESLE.
L’objectif principal de cette journée axée sur le patrimoine minier régional (hors charbon) a bien sûr été une bonne occasion de renouveler l’amitié entre les adhérents.
Première étape de la journée : le Musée de la Mine de SAINT PIERRE LA PALUD.
Pour l’industrie chimique de la région le minerai de pyrite sulfuré a été une source de matériaux pour l’industrie chimique : un peu d’histoire.
Dès l’antiquité des affleurements ont permis de découvrir sur la commune voisine de CHEVINAY un filon de plomb argentifère. A l’époque, l’argent étant la matière première pour la réalisation de la monnaie, ce filon a été utilisé artisanalement jusqu’à l’achat du site par Jacques CŒUR le « Grand Argentier- Intendant du Palais » du Roi CHARLES VII. Nous retrouverons la même situation avec la mine « d’argent » de BRUSSIEU ;
Mais restons à Saint Pierre la Palud ou plutôt à SAIN BEL appellation couramment utilisés et centre des Mines de Chevinay, Saint Pierre la Palud et Sourcieux les mines (un moment associé à celui de CHESSY).
L’exploitation décroit avant une reprise par 3 lyonnais : Blanchet, Pernon et Jars . En 1833, un lyonnais PERRET travaillant sur le grillage industriel de la pyrite de fer passe un contrat d’approvisionnement au groupe avant le rachat complet de la concession en 1840. La production devient industrielle à grande échelle et passera de 60000T en 1870 à plus de 320000T en 1900 avant de rechuter par la suite jusqu’à la fermeture de l’exploitation.
Le Groupe PERRET développe la production d’acide sulfurique (H2SO4) sur Lyon (La Vitriolerie puis Saint FONS)
Après de longues négociations entre le Groupe PERRET avec la Compagne SAINT GOBAIN une fusion est effectuée en 1872. Saint Gobain prend la direction des mines jusqu’à leur fermeture en 1972. A la même époque la fabrication d’engrais chimiques se développe à partir de l’acide sulfurique les superphosphates. Le minerai de pyrite est envoyé par train journalier à Lyon pour traitement.
Les eaux de drainage des galeries appelées « eaux fortes » sont neutralisées dans des bassins sur SAIN BEL avec de la chaux (fours à chaux locaux) et produisent un dépôt de boues revendues à l’agriculture. Les eaux ainsi « épurées » sont rejetées à la rivière (La Brévenne).
Les effectifs de la mine ont atteint plus de 800 personnes entre les « mineurs » travailleurs à l’intérieur et les personnes à l’extérieur.
Après la fermeture en 1972 des anciens décident de réaliser avec des aides la construction du musée de la mine permettant de présenter aux visiteurs les conditions de vie et les évolutions du site minier.
Une galerie type a été réalisée et retrace les différentes étapes de la vie au fond avec leurs difficultés et évolutions ainsi que la mécanisation des opérations d’extraction. Il est possible de voir les « boisages » traditionnels en bois puis pour les galeries « sèches » le « boisage » métallique car, dans les galeries humides, les eaux drainées « eaux fortes » ont une acidité qui corrompt rapidement toute partie à base de fer.
Les activités d’extraction sont réalisées par foration au marteau perforateur (choc et rotation) avec des outils à 4 taillants puis, chargement de l’explosif, tir commandé par allumeur électrique et extraction manuelle en début et mécanisé en fin d'activité, le poste faisant une journée d'équipe. La capacité journalière d’extraction a atteint 1,7 T de minerai par homme (un poste). Le minerai est acheminé des galeries d’extraction aux galeries d’évacuation (Voyages) par des conduits verticaux appelés ROLLS dans lesquels se trouvent aussi les échelles d’accès en profondeur pour le personnel.
La galerie la plus basse a été creusée à moins 300 m, la longueur des galeries souterraines dépasse 200 km (à vérifier). Les puits mécanisés servent à la sortie des minerais avant triage en surface et expédition par train sur Lyon (fabrication d'acide sulfurique).
Les « remblais » des extractions sont effectués par effondrement local qui peut entraîner des effondrements à la surface du terrain naturel.
Le Musée comporte en plus des salles d’expositions présentant les matériels de travail, les instruments de mesure et d’alerte de sécurité (Monoxyde de carbone, acidité des eaux de drainage, pas de grisou comme dans les mines de charbon), l’historique du site depuis l’ouverture et les vicissitudes sociales jusqu’à la fermeture.
Le Musée est complété par une exposition de minéraux parmi les premières en France par la richesse de ses collections et son étendue plus de 2000 pièces. Ce chapitre mériterait à lui seul tout un rapport pour parler de sa valeur pédagogique et documentaire. Une exposition paléontologique complète le tout avec les vestiges d’un ICHTYOSAURUS
Pour les questions restées sans réponse comme halogénure : minéraux sous forme de cristaux à base de d’halogène ( Fluor, Chlore, Brome, Iode, Astate, comme la Cryolite, la fluorine .
Après un incident technique (chute de pression d’air ! ) sur le car qui a duré une bonne heure nous avons pu rejoindre après quelques errements le restaurant Jacques Cœur de BRUSSIEU où nous attendait un repas agréable et bien attendu.
L’après-midi nous avons recherché la Maison de La mine de Brussieu réalisée au rez de chaussée de la Résidence de la Bascule donc peu visible directement depuis la route.
Accueilli chaleureusement par Monsieur le Maire de la commune, conférencier pour la maison de la mine nous avons pris connaissance de l’évolution du site d’extraction de la montagne de PAMPAILLY de plomb argentifère depuis l’époque romaine et, pendant une période vers 1440, propriété de Jacques CŒUR, le plus grand site argentifère de l’époque 1450 avant fermeture définitive vers la révolution de 1789.
Les conditions d’extraction du filon sont totalement différentes de celles de Saint Pierre la Palud, le filon qui comporte des inclusions de galène est enclavé dans une faille de granit et les galeries sont donc très réduites (voir photo). Avec les connaissances de spécialistes mineurs « allemands » l’évolution des techniques ont surtout porté sur le traitement après extraction (machine à broyer le minerai, four de traitement). La Maison de la mine équipée en matériel informatique par PC avec une documentation détaillée permet d’appréhender les techniques d’extraction par pointerolle et massette au lieu de foration et explosif. L’exposition comporte les différents moyens de travail et les explications sur les différents lieux de travail avec un important travail de forge pour « affuter » et tremper les pointerolles utilisées (12 pointerolles par poste de travail et par homme).
Les principaux documents permettant de comprendre la vie de la mine ont été réalisés pendant la gestion royale (après arrestation de Jacques Cœur et avant sa restitution à ses enfants).
Depuis 1980 des fouilles archéologiques ont permis de retrouver les traces de plusieurs sites de traitement en surface et d’explorer les galeries d’extraction accessibles. Là aussi le temps nous a manqué pour profiter à fond des données présentées par la Maison de la Mine et éventuellement la visite d’une ancienne galerie. Pour les amateurs de géologie, les 2 musées présentent la genèse des filons argentifères et de pyrite.
Notre Président a remercié chaleureusement le couple PERRAUD anciens horticulteurs caluirards.
Le secrétaire Robert Dubuis a lancé auprès des adhérents une recherche pour de prochaines visites.
Le retour s’est passé dans les meilleures conditions et à 19h le groupe se séparait après une journée amicale, bien remplie tant pour l’analyse de 2 patrimoines régionaux que par la connaissance de métiers difficiles mais qui ont permis de nombreux développements dans l’industrie régionale.
Bilan positif pour nos connaissances et l’amitié au sein de l’association.
Les photos sont séparées _ voir la galerie sortie printanière 2013.



