Origine des noms de Cuire et Caluire
Origine des noms de Cuire et de Caluire
Compte rendu de la conférence du 26 janvier 2017
Cuire correspond à l’ancien mot lyonnais cuer signifiant « qui reste en dernier », mot franco-provençal dérivé du latin CORDUS (ou CHORDUS), signifiant « né après terme », concernant aussi bien les produits de la terre ou de l’élevage venus à terme ou mûris en arrière-saison : foin d’automne, regain, agneau tardif, ou même dernier enfant né quand les parents ne sont plus jeunes. On peut donc voir dans l’origine de Cuire (dont les plus anciennes mentions dans le cartulaire d’Ainay, à la fin du XIIe et au XIIIe siècle, sont Cuers ou Cuyeres) une origine patronymique désignant le territoire d’un certain Cordus (le dernier-né, autrement dit Benjamin). De nos jours le patronyme de Cuer est encore très répandu.
Caluire vient du mot couloire, avec le sens de « rigole, canal d'irrigation", dérivé du latin colare « couler ». Le terrier de l’abbaye de l’Île Barbe de 1356 mentionne à plusieurs reprises des lieux dits « en les Calueres », ce pluriel indiquerait l’existence de plusieurs « couloires ». Or les territoires de Cuire et de Caluire étaient séparés depuis un temps immémorial par de « vieux fossés » terralium antiquum, ou fossata antiqua depuis le château de Cuire (côté Saône) jusqu’au faubourg de Bresse (côté Rhône). En fait il s’agit de deux cours d’eau, venant l’un et l’autre de la résurgence d’une source située sur le point le plus haut, au nord de l’actuelle place Gutenberg, au lieu-dit La Grille, le mot grille désignant « le lieu par où l’eau se décharge quand il y en a trop ». L’un des ruisseaux descendait jusqu’à la Saône (château de Cuire), l’autre jusqu’au Rhône (impasse du Grand-Bichet, rue de Saint-Clair).
Maryannick Lavigne-Louis



