Conférence L'Ile BARBE

Compte rendu établi par M. DUMAS Histoire et Patrimoine de Caluire et Cuire

 

Conférence de M.Benoit Faure Jarosson sur l’Île-Barbe, le 18 mai 2017

M.Benoit Faure Jarosson qui appartient à une des vieilles familles de Caluire, partage son activité entre Paris où il exerce la profession d’analyste financier et Lyon où il assure, depuis janvier 2015, la présidence de la jeune société d’histoire fondée en 2012, héritière de la société historique , archéologique et littéraire , créée en 1807. Cette société a également opéré  un rapprochement avec Lyon Rive Gauche.

L’Île-Barbe, chère au cœur de Lyonnais et de ses voisins de Caluire et Cuire  a fait l’objet de nombreux travaux de recherche dont les derniers  datent  de 2013, année de la thèse  de Mme Charlotte Gaillard consacrée à ce riche patrimoine.

L’histoire de son abbaye qui s’étend sur 1200 ans s’inscrit entre son origine autour des années 500 jusqu’à sa disparition à la Révolution, après avoir abrité une maison de retraite pour prêtres. Son image au 19ème siècle est celle d’un hameau romantique dans un site préservé.

L’architecte Amédée Cateland conduit des fouilles archéologiques sur le site au début du 20ème siècle (Il existe au Musée de Gadagne un fonds Cateland qui regroupe une importante documentation sur l’Île-Barbe). De nos jours le vestige le plus emblématique  est le clocher de la chapelle Notre Dame destinée, hors clôture, à recevoir les pèlerins, dont  la nef à disparu et été remplacée par un jardin. Les fenêtres à meneaux sur la construction au sud du clocher ont été rapportées en 1818.

L’itinéraire primitif du pèlerinage ne passait pas par la rive de la Saône mais reliait  en 56 minutes la place des Terreaux à l’Île directement par le plateau empruntant le tracé de la rue  des Pierres Plantées et de la Grande Rue de la Croix Rousse

L’Île-Barbe ou barbare, Île sauvage, possède peu de traces romaines à part quelques objets plutôt rapportés que d’origine, son atmosphère ou la nature se mêle à l’architecture est à rapprocher de  certains aspects de  l’île Saint  Louis à Paris.

On date des années 500 les sarcophages découverts dans le secteur du Prieuré Sainte Anne au nord de l’Île (aujourd’hui disparu). Au 6ème siècle Grégoire de Tours évoque la légende de Saint Maxime sauvé de la noyade par les évangiles qu’il porte en quittant le monastère de l’Île-Barbe pour aller en créer  un autre à Chinon. En 515, Ambroise abbé de l’Île-Barbe participe à la fondation par Sigismond de l’abbaye d’Agaume  chez les Burgondes. Le manuscrit de Florus vers 850  fait mention de l’autel de Saint Martin. Après une période de stabilité du 6ème au 8ème siècle, le monastère se développe aux  11ème et  12ème  siècles, avec la construction de l’Abbaye et de l’Eglise Abbatial dédiée à Saint Martin et à Saint Loup et sa crypte dédiée à Saint Epipode, la porte du cloître seule subsiste avec son tympan et ses chapiteaux. Ses possessions s’étendent jusque dans la vallée du Rhône à Saint Paul Trois Châteaux. La règle de Saint Benoit s’applique aux moines de l’abbaye depuis le 8ème siècle.

Sur une hauteur rocheuse de l’Île s’élève la Tour du Châtelard résidence du cellérier (économe) de l’abbaye, dont la chapelle dédiée à Sainte Madeleine est décorée de fresques de la fin  du 12ème siècle.

La prospérité de l’abbaye se prolonge jusqu’au 14ème siècle., où la « peste noire », amorce son  déclin . En 1549 sa sécularisation est prononcée par le pape qui met en place un chapitre. Les moines sont remplacés en 1551 par des chanoines, qui habitent Lyon et mènent un train de vie plus agréable.

 

En 1562 l’abbaye est dévastée par le baron des Adrets.

En 1608 le père Martelange réalise un dessin de l’Ile-Barbe.

En 1628 la peste frappe à nouveau Lyon.

En 1630 Anne d’Autriche et Marie de Médicis viennent à pied depuis Lyon pour remercier la Vierge de la guérison miraculeuse de Louis XIII.

Camille de Neuville de Villeroy devient abbé de l’Île-Barbe, sa résidence est à Vimy qui change son nom en Neuville.

Claude le Laboureur connu pour son ouvrage sur les Masures de l’Abbaye Royale de l’Isle-Barbe- lès- Lyon, est prévôt de l’abbaye de 1629 à 1656.

 

Un nouveau pèlerinage fait concurrence à l’Île-Barbe, celui de Fourvière, si en 1638 tout le monde va à l’Île-Barbe, en 1643 tout le monde va à Fourvière.

L’Île- Barbe conserve sa célèbre vogue et l’on y « voguait » toujours.

En 1640 le chapitre des chanoines est fermé et rattaché au service de la cathédrale de Saint Jean (1741-1746).

Sous le nom de séminaire Saint Pothin une maison de retraite pour prêtres est installée dans les bâtiments de l’abbaye (1783-1786).

L’ensemble de l’abbaye (églises et chapelles) est détruit et découpé en lots revendus à de nouveaux propriétaires à la Révolution.

 

L’architecte François Régis Cottin, a réalisé un plan de la ville de Lyon en 1750, très instructif pour suivre les mutations foncières de cette époque.

La chapelle Notre Dame fait actuellement l’objet d’une campagne de restauration avec Mme Florence Kremer.



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